Fuchsia

Galle du fuchsia : portrait de l’Aculops Fuchsiae

Répandez la parole du jardinier !
Il n’y a aucune raison de s’intéresser à la galle du fuchsia…. du moins avant d’y être confronté. Pour être honnête, je ne connaissais que la gale avec un seul « l »,  cette maladie de peau très contagieuse due à un parasite que les gosses rapportent un beau jour de la crèche. Ou bien celle du vieux chien de quartier au pelage desquamé.
 
Et puis un jour, mon vocabulaire s’est enrichi. J’ai découvert que mon forsythia présentait des excroissances sur ses branches : c’était ma première galle végétale !
 
Heureusement, cette première expérience de galle s’est soldée par une issue heureuse. La galle du forsythia est, comme toutes les galles, très disgracieuse mais elle n’est pas fatale pour l’arbre. Causée par un champignon, elle ne nuit pas au développement de la plante. Il suffit de retirer les protubérances pour éviter que le parasite n’affaiblisse la plante. 

Mais au fait, la galle, qu’est-ce que c’est ?

La galle est une excroissance tumorale structurée produite sur les tiges, feuilles, racines ou fruits de végétaux. Et elle se développe autour des parasites de ces végétaux. Parmi ces parasites, on trouve des champignons, des insectes, des bactéries….  C’est ce qu’on appelle le parasitisme : le parasite vit aux dépens de la plante.
 
galle du tilleulIl est probable que vous ayez déjà observé des galles sur certains végétaux, comme par exemple sur cette feuille de tilleul. Les excroissances qui ressemblent à d’hideux animaux sont assez répugnantes. Mais rassurez-vous, ce n’est pas l’animal que l’on peut observer puisque l’acarien est bien trop petit pour être vu à l’œil nu. Ce que l’on observe, ce sont les « tumeurs » de la feuille, donc la galle.

La galle du fuchsia : comment la reconnaître ?

Galle du fuchsiaLa galle du fuchsia est facile à identifier car elle déforme totalement les feuilles et les fleurs de la plante, comme si cette dernière avait fondu. C’est la piqûre de l’acarien qui provoque le gonflement des tissus. Cette forme de galle est très invasive, et ses dommages sont considérables.
 

Portrait robot du criminel

Aculops FuchsiaeAculops Fuchsiae est le nom de l’acarien responsable de la galle du fuchsia.
De taille minuscule, on ne peut le voir qu’au microscope. A droite, un petit cliché de l’animal pour le plaisir des yeux.
 
Ce ravageur a fait sa première apparition au Brésil en 1972. Il a ensuite voyagé jusqu’en Californie. En 2003, on a trouvé sa trace en Bretagne. On pense qu’il aurait été importé à l’occasion du festival de Trevarez en 2002, par un amateur de fuchsia, puis il a posé ses valises dans cette région qu’il semble particulièrement apprécier. En 2006, il a été repéré à Jersey, et enfin, en 2007, en Angleterre où ce même climat océanique l’y a fait élire domicile. Il est maintenant fort probable qu’il ait poursuivi sa route en Europe…. n’hésitez pas à le signaler si vous le rencontrez !

Comment lutter contre la galle du fuchsia ?

A ce jour, il n’existe malheureusement pas de traitement permettant de lutter contre ce parasite. Lorsque les symptômes apparaissent sur l’arbre, l’acarien est sans doute là depuis un moment. Il faut alors impérativement faire disparaître les parties atteintes. 
 
L’aculops fuchsiae se déplace aisément d’une plante à l’autre, en voyageant avec le vent, les insectes et parfois même sur le jardinier. L’idée que mes cheveux transportent des acariens ne m’enchante pas particulièrement mais c’est une hypothèse hautement probable.
 
Luter contre ce parasite très invasif est désormais une obligation. Vous devez brûler les parties de la plante infectées afin de limiter sa propagation. Il faut bien entendu désinfecter ses instruments de taille après avoir opéré sur la plante atteinte. Enfin, même si cela peut sembler évident, il faut à tout prix éviter de déplacer des fuchsias malades ou les reproduire.

Moralité de l’histoire

Notre enthousiasme pour les plantes ne doit pas nous faire oublier la fragilité de l’écosystème. Il est donc important de rester attentif et responsable. Il ne faut pas faire voyager les plantes selon ses envies, sans précaution et sans certificat phytosanitaire, afin de limiter autant que possible la propagation des maladies. Le déplacement des fuchsia est à présent très contrôlé chez les professionnels mais il ne l’est pas chez les amateurs. Le troc de plantes a donc ses limites….
 

…et quelques nouvelles encourageantes :

Il semblerait qu’Aculops fuchsiae ne survit pas à des températures négatives et répétées ( 3 à 4 jours) : espérons que l’hiver prochain sera rude. Mais pas trop rude non plus car le fuchsia, comme son parasite, n’aime pas trop le froid. Qui a dit que la nature était bien faite ? (Réponse : moi dans une autre chronique).
 
Une autre bonne nouvelle : certaines variétés de fuchsia semblent bien résister à cet acarien C’est le cas du microphylla fuchsia qui est une espèce buissonnante avec des petites fleurs en forme de tube.

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