La mouche

Mauvais karma : la mouche du terreau débarque chez moi !

Répandez la parole du jardinier !

Il n’y a pas de mouche que j’affectionne particulièrement, mais il y en a une qui cristallise particulièrement mes crispations : c’est la mouche du terreau. Et vous devinez pourquoi ?

Avant une catastrophe, les choses se passent généralement plutôt bien...

C’est donc avec sérénité que je démarre mes semis, et la levée se passe bien. Je redouble d’attention à l’égard de mes petites plantules et leur offre une place privilégiée sur le rebord de ma fenêtre, plein Sud. Je m’assure qu’elles restent bien humides, et j’attends l’arrivée du printemps.

Mais alors que je les arrose, j’aperçois de petites choses noires qui bougent à la surface du terreau. De toutes petites mouches, tellement minuscules que je ne parviens pas à les attraper, et qui disparaissent dès l’instant où j’essaie de mettre le doigt dessus…

Ce sont elles, les mouches du terreau, et non seulement elles se baladent sans aucune gêne sur ce territoire réservé, mais en plus, elles pondent dans mon substrat.

Mauvais karma !!!

Un ennemi nommé sciaride 

J’ai vu le visage de l’ennemi et cet ennemi porte un nom : la sciaride.

Il s’agit d’une mouche de type moucheron, tout à fait insignifiante, mesurant moins d’un demi-centimètre, et qui ne vit pas plus d’une semaine.

Mais au cours de sa très courte vie, cette enquiquineuse pond jusqu’à plusieurs centaines d’œufs : des oeufs qui se transforment en larves ; des larves qui deviennent des mouches ; et des mouches qui pondent d’autres œufs qui se transforment en d’autres larves et qui donnent à nouveau d’autres insupportables moucherons.

Vous l’avez compris, la prolifération promet d’être sérieuse.

Et le problème n’est pas tant la mouche que la larve car c’est elle qui mange les poils radiculaires des racines, or les jeunes plantes qui se développent ont besoin de ces poils pour se nourrir et croître correctement.

Tous ceux qui font leurs semis le savent : les premières semaines de développement sont cruciales. Et ces mouches, les sciarides, représentent un vrai danger pour la survie des semis.

Comprendre l’origine du mal

C’est parfaitement incompréhensible : on démarre généralement ses semis en intérieur or la mouche du terreau vient de l’extérieur. Alors comment s’est-elle introduite chez vous ?

Plusieurs possibilités :

  • Soit la sciaride résidait au fond d’un pot que vous avez utilisé et qui n’avait pas été correctement lavé ou désinfecté,
  • Ou bien la sciaride provient du terreau,
  • Ou encore la sciaride était présente dans le terreau d’une autre plante d’intérieur, achetée en jardinerie par exemple.

Dans tous les cas, il est fort à parier que c’est bien vous qui l’avez faite entrer de l’extérieur.

Mes semis vont-ils survivre ?

Il est difficile de répondre à cette question de façon catégorique car cela va dépendre de plusieurs facteurs :

  • le niveau d’infestation,
  • le degré de maturité de la plante,
  • sa capacité à résister (versus fragilité).

Mais heureusement, quelques gestes peuvent améliorer le pronostic vital de vos semis.

Les gestes qui sauvent

Une chose que la mouche du terreau adore par dessus tout : l’humidité. Alors empoisonnez-lui la vie en asséchant son nid entre 2 arrosages. Maintenez au sec les premiers centimètres de terre. Ceci l’empêchera la mouche de pondre. Et veillez à ne pas laisser pas d’eau stagner dans les soucoupes !

Cette première précaution est en générale suffisante, surtout si la plantule a déjà bien pris racine.


Une autre méthode consistera à placer ses pots dans un endroit plus frais, de préférence inférieur à 16°C. En deçà de cette température, le cycle de vie et de reproduction des sciarides sera fortement perturbé.

Enfin certains préconisent le paillis, le papier mouche ou tout autre piège attrape-mouche. Il est également possible d’utiliser des huiles essentielles (type géranium) diluées dans l’eau.

Et si vous pensez que votre plantule ne va pas s’en sortir, tentez le tout pour le tout et réalisez une intervention « de choc ». Déterrez la plante, rincez ses racines sous l’eau et replantez-la dans un terreau neuf. Avec un peu de change, il lui restera suffisamment de force pour reprendre sa croissance.

Et après ?

L’année prochaine, c’est juré, on ne vous y reprendra pas ! Vous nettoierez scrupuleusement les pots utilisés au cours de l’année précédente, et surtout, vous ferez vos semis en utilisant des sac de terreau neufs.

Un bon conseil : même si le terreau est moins coûteux en grande contenance, disposer de petits sacs (5 ou 10 litres) s’avère fort utile lors du démarrage des semis. En fin de saison, débarrassez-vous des sacs entamés ou gardez-les pour le regarnissage de la pelouse.
Sachez également que même un sac neuf peut être contaminé. Malheureusement, un tout petit trou dans un sac peut suffire à laisser entrer le nuisible.

En général, c’est plutôt le manque de précautions que le manque de chance qui intervient dans la propagation d’un champignon ou d’un nuisible. Alors, le karma, il n’a finalement pas grand chose à voir là dedans….

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