cétoine dorée

Focus sur la larve de cétoine

Répandez la parole du jardinier !
La larve de cétoine appartient au vaste monde des larves. Un monde peuplé d’êtres mous et invertébrés, qui se terrent dans les pots de fleurs ou se dandinent sans pudeur sur le dos des feuilles. Jusque là, rien de très ragoûtant.
 
Et pourtant, les larves font partie intégrante de l’écosystème de nos jardins et peuvent devenir des insectes auxiliaires indispensables à la pollinisation. Alors apprenons à mieux les connaître. 

Mais que fait cette larve dans mon pot de fleur ?

La larve est le premier stade de développement atteint par certains insectes avant l’état adulte (imago). Le passage de forme larvaire à la forme adulte s’appelle la métamorphose. Et c’est la métamorphose qui transforme ces petites choses peu ragoutantes (vers, chenilles) en insectes magnifiques : papillons, coléoptères.
 
Tous ceux qui ont des ados à la maison savent combien la métamorphose, ça creuse. Les larves, comme les ados, sont des êtres affamés à l’appétit insatiable. Un exemple ? La larve de coccinelles capable de dévorer jusqu’à 700 pucerons par jour (lire article). Une larve ne fait strictement rien d’autre que manger, manger et encore manger.
 

Et qu’y mange t-elle ?

A chaque larve son plat de prédilection. Certaines sont carnivores (c’est le cas des larves de coccinelles),  d’autres préfèrent les végétaux vivants, comme les feuilles ou les racines des plantes.
 
Notons que la larve de cétoine est une convive facile puisqu’elle est saproxylophage : elle se nourrit de bois morts en décomposition. Elle est donc totalement inoffensive et de ce fait persona grata au jardin, en particulier au compost où elle joue pleinement son rôle de décomposeur.
 
A contrario de la larve de hanneton avec qui on la confond très souvent. Cette dernière est rhizophage et mange les racines des plantes. Et la plante, sans ses racines, ne s’alimente plus et finit par dépérir. Plus la même histoire… 😈

Larve de cétoine versus larve de hanneton : le jeu des 7 différences

Pour ne pas confondre larve de cétoine et larve de hanneton, il est important de bien les observer.

La larve de cétoine se distingue par :

  • une tête plus petite,
  • un abdomen plus enflé,
  • Un corps plus trapu,
  • des pattes plus courtes,
  • une couleur plus blanchâtre, moins jaunâtre,
  • des poils raides sur le dos,
  • un déplacement à l’envers, sur le dos, en rampant.
 
Le stade larvaire de la cétoine est très long (jusqu’à 3 ans) et va permettre à la larve de se transformer en coléoptère… un coléoptère bien connue des amateurs de rosiers : la cétoine dorée.
Larve de cétoine

 

La cétoine dorée (ou hanneton des roses)

Si vous souhaitez apercevoir des cétoines dorées, allez donc faire un tour du côté de vos rosiers par un après-midi d’été chaud et ensoleillé. Vous les trouverez en train de fourrager dans le cœur de vos fleurs, à la recherche de nectar. Avec leur corps métallisé, elles sont facilement repérables !
 
Savent-elles seulement que les roses ne produisent pas de nectar ? Mais la cétoine, qui est également pollinivore, et se rabat sur les étamines et les pétales chargées de pollen. Elle opère avec peu de délicatesse et abîme parfois les fleurs, mais elle pollinise, et n’est-ce pas là l’essentiel ?
 
Et si vous ne l’apercevez pas, alors vous aurez peut-être une chance de l’entendre car son vol est lourd et bruyant. Cet insecte, comme tous les coléoptères, a la caractéristique de posséder une paire d’élytres qui offre une protection redoutable à ses ailes membraneuses. Le mot « coléoptère » vient d’ailleurs du grec κολεός « fourreau » et πτερόν « aile ». Les élytres de la cétoine sont soudés mais peuvent être soulevées pour permettre le déploiement latéral des ailes qui lui permettent de voler.

La magie des coléoptères

Au fil des époques, en passant du mythe à la littérature, les coléoptères ont nourri notre imaginaire. En Egypte, le scarabée est un symbole d’immortalité, alors que la coccinelle, selon les lieux et les époques, peut alternativement provoquer fortune ou misère. Au Japon, les coléoptères ont été érigés au rang d’animaux de compagnie.
 
Au jardin, la cétoine dorée prend des airs de bijoux pour nous rappeler qu’elle appartient à cette famille des coléoptères présente sur terre depuis des centaines de millions d’années. Par conséquent, ne pourrions-nous pas continuer à partager l’espace avec elle ?

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