Hybrides F1 : ce qu’elles ont sous le capot

Répandez la parole du jardinier !
 
Pardon, j’ai cru pendant un moment que l’on parlait mécanique…
 
Mais en fait non, Hybride F1, c’est bien le terme qui est parfois mentionné  au dos des paquets de graines, en lettres minuscules. C’est aussi un sujet vivement discuté sur les forums de jardinage et qui divise. Mais de quoi s’agit-il exactement ?
 

Hybride F1, ça veut dire quoi ?

Étymologiquement, hybride, ça veut  dire « bâtard », « de sang mélangé » ( hy̆brida en latin).
Une plante hybride, c’est donc une plante issue du croisement de deux variétés d’une même espèce.  
 
Le terme  F1 n’a lui non plus rien à voir avec l’odeur des circuits.
 
Le F vient de « Filial ». Un hybride « F1 », c’est  la première génération d’un croisement végétal. La génération « Parents » s’appelle P1 (génération Parente). La seconde génération du croisement sera appelée F2, la troisième F3, et ainsi de suite.
 
Les parents de l’hybride F1, de lignées pures, sont dotés de qualités soigneusement sélectionnées pour être reproduites. Ces qualités peuvent concerner leur productivité, leur goût, leur résistance aux maladies, ou encore leur conservation.
 
L’hybridation permet d’obtenir une plante héritant des qualités de chacun des deux parents.
 
Les plantes de génération F1, toutes identiques, offrent par conséquent des qualités supérieures à celles de la génération de leurs parents en cumulant les qualités de chacun.
 
Jusqu’ici, on est d’accord, ça semble merveilleux.
 

L’effet hétérosis ou vigueur hybride

 
En biologie de l’évolution, on appelle hétérosis l’augmentation des capacités et/ou de la vigueur d’un hybride par rapport aux lignées pures issues de la sélection par auto-reproduction.
 
Il existe donc un « effet hétérosis », qui est le gain de performances qui résulte du brassage des différents allèles des différentes lignées.
 
 

Une vigueur malheureusement non reproductible

 
Ça serait trop beau sinon : l’effet hétérosis, également nommé « vigueur hybride » ne se transmet pas. La descendance (F2) sera donc instable et non homogène. Les qualités de l’un ou l’autre parent apparaîtront de façon aléatoire.
 
Conserver des graines d’hybride F1 en vue de les resemer présente alors peu d’intérêt pour le jardinier désireux d’obtenir une récolte fiable, qualitative et abondante. 
 
Pour retrouver toutes les qualités de la génération F1, il lui faudra acheter à nouveau les semences Hybrides F1, et donc remettre la main au porte-monnaie. Fin du conte de fée. C’est ce procès qui est fait aux semenciers : celui de rendre les agriculteurs dépendants.
 

Alors on fait quoi ?

On fait avec tout le bon sens dont on dispose, en fonction de sa situation, de son espace à cultiver, de son porte-monnaie, de ses impératifs de rendement, et si possible sans trop juger son voisin.
 
En ce qui me concerne, un sachet de graines me durant plusieurs années, mon budget ne s’effondre pas si j’achète quelques paquets d’Hybrides F1 ici ou là.
 
Cela étant dit, mon bon sens me conduit bien souvent à resemer mes propres graines afin d’obtenir des plantes qui au fil du temps se sont adaptées à mon sol, à mon climat et à mon environnement, et qui favorisent ainsi la biodiversité. 
 
Et puis il faut savoir que la « vigueur hybride » a tendance à épuiser les sols en nutriments plus vite qu’ils ne peuvent se régénérer.
 
Heureusement, on peut  tout à fait ne pas choisir et alterner de façon opportuniste, entre hybrides et non hybrides, en fonction de ses besoins du moment.